Ses oeuvres:
Charles BIGONET (1877-1931)
Né à Paris le 11 juillet 1877 – mort à Paris le 21 juin 1931
Charles Bigonet entreprend des études à l’École des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de Barias, cela en 1898 au moment où Rodin enthousiasme l’opinion avec son Saint Jean Baptiste. Son père, bon plasticien du marbre, désire qu’il partage son temps entre l’École et les ateliers où l’on a besoin d’aides.
Le succès obtenu au Salon pour son groupe Les Premiers Pas lui vaut, en 1912, le prix du Gouvernement de l’Algérie.
Ce séjour à la villa Abd-el-Tif permet à Bigonet d’étudier en toute liberté des nus d’une toute autre saveur que ceux des petits modèles de Paris. En Algérie naissent pour lui des amitiés fidèles qui le suivent jusqu’à la fin de sa vie. Alger, métropole coloniale, offre à l’artiste quantité de ressources. Durant les belles années passées à la villa, il multiplie les études de types ethniques, mozabites, berbères ou ghidzanes (gitans) qui s’apparentent à la beauté antique.
La guerre éclate, l’artiste est affecté à un service d’infirmier, celui-ci achevé, il enseigne le dessin au lycée d’Alger. Ces années marquent de façon heureuse son œuvre
En 1919, Bigonet revient à Paris mais l’édification du monument Aux élèves du lycée d’Oran, morts à la guerre, le rappelle en Algérie. Avec Charles Landowsky ils travaillent au concours pour l’exécution du Monument aux morts d’Alger. Le premier se charge du
groupe équestre qui couronne le monument, Bigonet de la frise qui ceinture le piédestal.
A l’occasion du centenaire de la colonisation en Algérie, le gouvernement de l’Algérie lui demande avec le grand sculpteur Henri Bouchard de glorifier « le Génie colonisateur français » à Boufarik, dans la plaine de la Mitidja.
Après les fêtes du centenaire, Bigonet rentre à Paris où il suit en curieux l’intensité de la vie artistique. Mais loin du soleil algérien, sa santé s’altère et il se laisse gagner par la mélancolie.
En septembre 1931, à l’exposition coloniale, dans le Palais des Beaux-Arts une partie de son œuvre est exposée. Raymond Bouyer dans la Revue de l’art de novembre 1931, lui rend hommage : « Bigonet, le bon statuaire silencieux, doutait peut-être de son talent, comme tout artiste sincère qui pratique la dangereuse vertu d’être modeste, mais il alliait sans raideur le savoir au sentiment ; dans la recherche de cette « nouveauté » qui tourmente depuis longtemps l’art moderne, il ne manquait jamais de retrouver ou de maintenir les lois essentielles de l’œuvre viable et solide. Évidemment à l’écart de l’école autant que de la mode, il n’était pas l’esclave d’un canon de la Beauté, son art de statuaire orientaliste n’invoquait plus le Diadumène de Polyclète, mais il était resté fidèle au culte de la forme. »
Henri Bouchard, son grand ami, conclut : « Son art, sobre et sincère, ennemi des effets faciles de modelé, recherche une synthèse équilibrée de la forme humaine, dont nous trouvons dans ses sculptures, le témoignage irrécusable. Le corps souple et ferme de la jeune fille arabe lui sert maintes fois de modèle. Il le traduit sans sécheresse et sans mollesse non plus dans le bronze ou la pierre, en les marquant fortement du signe racial. Perpétuellement soumis à l’idée du style, il tend constamment vers une large stylisation de l’arabesque et du volume. Ainsi, il rejoint parfois les grands exemples archaïques et, avec certaines de ses Ouled-Nails, il établit un rapport idéal entre elles et les grandes dames égyptiennes dont les musées conservent les figurines célèbres. »
