SCULPTURE – 20TH

Edmond MOIRIGNOT

« L’Homme à la Source »

Épreuve en bronze à patine noire bleutée
Cire perdue par Attilio Valsuani
Signée et numérotée 6/6
CIRCA 1960

Hauteur: 18,5 cm
Largeur : 15 cm
Profondeur : 13 cm

Bibliographie : Ce modèle est référencé sous le numéro 185 page 76 du catalogue raisonné de l’artiste aux Éditions FVW.

Edmond MOIRIGNOT (1913-2002)

« Avec Alberto Giacometti et Germaine Richier, le sculpteur Edmond Moirignot (1913-2002) appartient à une famille de sculpteurs qui, après-guerre, renouvelèrent la sculpture figurative pour exprimer avec une intensité nouvelle l’homme et son drame. Son œuvre affirme la foi en l’être qui pense et qui aime. L’âme est son centre de gravité et chaque sculpture crée ainsi un espace infini. Il s’y exprime la méditation, voire la mélancolie de qui s’interroge sur le temps, la vie, le monde et le néant. C’est un univers qui semble venir du fond des âges tout en étant complètement de notre temps. »

Né le 21 octobre 1913
Son père dirige une fabrique de fleurs en soie.
Sa mère, Flore, était une employée.

Famille maternelle : tous sont sculpteurs sur ivoire à Dieppe : grande fascination sur Edmond.

A 15 ans, il entre en apprentissage chez son oncle maternel pour apprendre la sculpture sur ivoire contre l’avis de son père. Il se passionne pour la taille directe.

Au début du XXème siècle, on découvre l’Afrique, elle fascine.
Les artistes ne virent dans l’art africain qu’une source d’inspiration de formes simplifiées, élément de style qui conduira à la sculpture Art Déco.
D’autres, comme Moirignot, perçoivent l’énergie sacrée, spirituelle de ses fétiches.

A 18 ans, et contre la volonté de son père, il entre aux Beaux-arts, élève de Boucher, professeur qui permet à ses élèves de s’épanouir et de trouver sa propre personnalité.

Il enchaine les petits boulots pour survivre et continuer son apprentissage et son art.
Le matin : élève aux Beaux-arts, Après-midi : sculpte l’ivoire chez son oncle.

Principales influences : Carpeaux, Claudel, et Rodin. Plus tard Giacometti, Germaine Richier.

Autres influences : La Grèce (il y séjourne régulièrement grâce à son ami Papas.)  -  Baudelaire (beaucoup de sculptures sont inspirées de ses poèmes).

De 1939 à 1945 : Mobilisé. Combattant puis 5 ans prisonnier en Allemagne. Il s’impose chaque jour l’exercice du dessin et de l’aquarelle.
Après la guerre, Première dépression nerveuse.

1945 : rencontre avec Marguerite.

« Dans l’exaltation de sa nature nerveuse, il traque les illuminations possibles et puis surtout cette lumière, celle, physique, et qui s’accroche aux aspérités de ses bronzes, celle, intérieure surtout, comme une espérance jamais éteinte, refus de la nuit noire où le monde lui semble s’enfermer, au cœur de la matière, sa part humaine. Il sait que l’artiste ne décrit pas ce qu’il voit, mais la manière dont il le voit et l’émotion que cette vision éveille. La forme chez Moirignot est au service de cet esprit-là, c’est pourquoi dans les années cinquante il commence à libérer le corps de son poids charnel pour ne dire plus que l’essentiel, l’amour, la joie, l’innocence, silhouettes libres, légères, spirituelles. L’être tout concentré dans sa raison d’être, son essence même et toujours cette harmonie, cette délicatesse qui fait oublier toute trace de labeur. »

1950 : Première exposition personnelle.

Très fertile entre 1955 et 1985 ;

Moirignot fait parti des rares artistes qui pratique à la fois le modelage et la taille directe (maitrisée très tôt grâce au travail de l’ivoire)
Pendant cette période, chaque après midi, il se rend à l’Académie de la Grande Chaumière pour dessiner le nu.
Cette connaissance parfaite du corps obtenue par cet exercice quotidien se retrouvera dans sa sculpture.

Entre 1963 et 1983 il enseignera la sculpture dans une école bd du Montparnasse.

« Malgré les crises dépressives qui se succèdent et cet état maniaco-dépressif qui devait hanter Moirignot sans trêve, l’artiste croit en la beauté, sa force salvatrice, en l’espérance qu’elle suppose, en la foi en l’homme qu’elle implique. » (Claude Jeancolas)

Dès 1960, des troubles psychologiques vont de plus en plus l’affecter : il est maniaco-dépressif. La vie pour Marguerite est de plus en plus difficile, il est nerveux, ténébreux, invivable.
Suite à ses problèmes de santé, il divorce en 1990, s’installe dans son atelier, se met à fréquenter des inconnus peu recommandables, des femmes de mauvaises vies, mais reste toujours très actif dans son travail.

1991 : drame : sa fille Francine meurt suite à une anorexie. Il ne s’en remettra jamais.

1993 : sa santé psychique se dégrade : atteint de schizophrénie.

1994 : nomination d’un curateur avec son accord.

Meurt le 2 juillet 2002 peut de temps après son fils (mort en avril 2002 d’une chute en montagne).

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