SCULPTURE – 20TH

Bernhard HOETGER

« Le Mendiant »

École symboliste allemande
Épreuve en bronze à patine verte nuancée
Fonte ancienne de Patrouilleau – Fonte au sable
Vers 1902
Signée sur la terrasse « B. Hoetger Paris » et cachet de fondeur
« Patrouilleau Edit Paris » sur la plinthe de la terrasse à l’arrière
Hauteur : 28 cm

Cette sculpture représente un vieil homme maigre et courbé, vêtu de vêtements usés et rapiécés. C’est une œuvre poignante qui évoque la pauvreté et la misère. Elle peut être vue comme une critique sociale, dénonçant les conditions de vie difficiles des classes populaires au début du XXème siècle.
Bernhard Hoetger se fait ainsi, comme Jules Dalou en France et Constantin Meunier en Belgique, l’un des représentants du monde ouvrier. Ses grandeurs et ses misères

 

Bernhard HOETGER (1874-1949)

Est un important sculpteur et peintre allemand de la période expressionniste. Il est également architecte, graphiste et travaille aussi pour les arts décoratifs.

Fils d'un forgeron de Dortmund (Allemagne), Bernhard Hoetger suit à Detmold des cours de sculpture de 1888 à 1892, et dirige ensuite un atelier dans une église de Rheda-Wiedenbrück. À la suite d'un passage à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf, il accomplit un séjour à Paris.

Bernhard Hoetger y est profondément influencé par Auguste Rodin, dans l'atelier duquel il fait également la connaissance de Paula Modersohn-Becker.

Il illustre le n° 132 de L'Assiette au beurre (10 octobre 1903), offrant une suite de compositions saisissantes intitulée « Dur labeur », avec des légendes de Jehan Rictus. La plupart de ses œuvres renvoie alors au monde de l'industrie qui broie l'être humain et l’associe à la misère.

Bernhard Hoetger se fait ainsi, comme Jules Dalou en France et Constantin Meunier en Belgique, l'un des chantres du monde ouvrier, ses grandeurs et misères. Il peut, plus tard, se familiariser aussi avec le travail d'Antoni Gaudí.

En 1911, Hoetger est appelé dans la colonie artistique de Darmstadt, où il s'installe.

 En 1914, incité par Paula Modersohn-Becker, il se rend à Worpswede en Basse-Saxe. Il découvre là-bas, par l'intermédiaire du mécène de Brême Ludwig Roselius, ce qui va devenir l'œuvre de sa vie : l'édification de la désormais célèbre rue Böttcherstraße, à Brême, dans un style expressionniste. Tout comme son protecteur Roselius, Hoetger sympathise avec les idées du national-socialisme et adhère au parti nazi. Il essaie, en vain, de gagner le parti à ses convictions artistiques. Son travail, bien au contraire, est qualifié par Adolf Hitler, lors d'un congrès à Nuremberg en 1936, d'"art dégénéré". Expulsé du parti, Bernhard Hoetger s'installe en Suisse en 1946, où il meurt en 1949.